Synopsis
Extrait Un concours original Dans la chambrette, simplement meublée d’une table, d’un lit et de deux chaises, qu’il occupait au cinquième étage d’une maison de la Canebière, à Marseille, l’ingénieur Goël Mordax était en train de mettre au net une épure des plus compliquées, lorsqu’on frappa timidement à sa porte. – Au diable le raseur ! s’écria-t-il... Il y a vraiment des gens qui ont du temps à perdre !... Tout en maugréant, Goël avait ouvert. Sa moue rechignée eut vite fait de se transformer en un sympathique sourire à l’aspect du visiteur inattendu. – Comment, c’est toi, mon vieux Lepique, dit-il. Il y a au moins trois semaines que l’on ne t’a vu !... – Au moins, si tu m’apportais des nouvelles de notre belle inconnue !... – Ah ! Ah ! s’écria le nouveau venu en souriant, il s’agit bien d’elle et de son automobile endiablée... J’ai mieux que cela à t’annoncer. – Aurais-tu trouvé quelque nouvelle variété de lézard ? répliqua l’ingénieur... À propos, comment va ta ménagerie ? – Très bien... Mais il n’est pas question de cela... Tu n’as donc pas lu les journaux ? – Tu sais bien que je ne les lis jamais. – C’est un tort. Sans cela, tu ne serais pas là, tranquillement assis devant ta table... Ou plutôt, si, tu y serais... – Voyons, explique-toi, cesse de parler par énigmes. – Lis toi-même, dit Lepique en tendant un journal à son ami... Lis et réjouis-toi ! Le jeune ingénieur prit la feuille et la déplia négligemment. Puis il poussa un cri de surprise, et s’absorba dans sa lecture. Pendant ce temps, M. Lepique se débarrassait d’une énorme boîte verte de botaniste, tirait de ses poches une série de marteaux et de ciseaux de différentes formes, déposait dans un coin un filet à papillons, et s’asseyait enfin, après avoir soigneusement essuyé ses lunettes avec son mouchoir de poche.
About the Author
Gustave Lerouge, dit Gustave Le Rouge, né à Valognes le 22 juillet 1867 et mort à Paris le 24 février 1938, est un écrivain et journaliste français. Portrait: Gustave Le Rouge était un polygraphe, auteur de nombreux ouvrages sur toutes sortes de sujets - un roman de cape et d'épée, des poèmes, une anthologie commentée de Brillat-Savarin, des Souvenirs, des pièces de théâtre, des scénarios de films policiers, des ciné-romans à épisode, des anthologies, des essais, des ouvrages de critique... - et surtout de romans d'aventure populaires dont la plupart incorporent une dose de fantastique, de science-fiction ou de merveilleux. Suiveur de Jules Verne et de Paul d'Ivoi dans ses premiers essais dans ce genre (La Conspiration des Milliardaires, 1899-1900; La Princesse des Airs, 1902; Le sous-marin Jules Verne, 1902), il s'en démarque nettement dans les ouvrages plus aboutis du cycle martien (Le prisonnier de la planète Mars, 1908; La guerre des vampires, 1909) et dans Le Mystérieux Docteur Cornélius (1911-1912, 5 vol.), considéré comme son chef-d'oeuvre, un roman dont le héros maléfique est le docteur Cornélius Kramm, le sculpteur de chair humaine inventeur de la carnoplastie, une technique qui permet à une personne de prendre l'apparence d'une autre. Le Rouge y récuse tout souci de vraisemblance scientifique au profit d'un style très personnel, caractérisé par une circulation permanente entre le plan du rationalisme et celui de l'occultisme, et par l'imbrication fréquente entre l'aventure et l'intrigue sentimentale (à la différence de Jules Verne). Ses romans de science-fiction évoquent Maurice Leblanc, Gaston Leroux et surtout Maurice Renard.
"About this title" may belong to another edition of this title.