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25 ff. volants in-4, (27,5 x 21,5 cm), à l?encre bleue (ff. 1-22) et à l?encre rouge (ff. 23-25). Corrections dactylographiées et manuscrites. L?auteur anonyme, patriote rennais convaincu et partisan de la Bretagne libre, fournit un texte plutôt militant qu?une ?uvre d?historien. Il pourrait être un membre de la mouvance PNB / Breiz Atao (peut-être Morvan Marchal ?). Il défend dans son introduction la place de Rennes comme capitale de la Bretagne, introduction que nous retranscrivons ici dans son entièreté. Introduction (ff. 1-3) : Rennes, Ville bretonne, Capitale de la Bretagne. « C'est un Rennais qui écrit ce livre. On peut le croire lorsqu'il dit qu'il aime sa ville. Il l'a défendue comme on défend une mère contre les dénigreurs, qui ne la connaissent pas, et contre les vandales qui veulent la souiller. On peut compter qu'il la défendra encore. C?est un Breton, aussi. Nous aimons Rennes dans la Bretagne. Pour nous, le patriotisme local conditionne le patriotisme national. Nous ne serions pas un bon Breton si nous n?aimions pas la ville qui a défendu jusqu?au bout l?indépendance de la Bretagne, et qui a tenu la dernière ? tout le pays étant conquis, aplati, soumis ? contre les canons français. Pour cela, elle n?a de leçon de patriotisme à recevoir de personne, et tous les Bretons peuvent la saluer, chapeau bas. Rennes n?a pas toujours été la ville bourgeoise et provinciale qu?on voit aujourd?hui ; elle a donné le signal de bien des émeutes ; elle les a payées fort cher, mais la dernière, en s?amplifiant, est devenue la Révolution française. Rennes était une jolie ville ; nous dirons même : une belle ville, jusqu?aux dernières années du XIXe siècle ; en somme, tant qu?elle a réussi à tenir son rang de capitale de la Bretagne. C?est la Centralisation qui l?a tuée ! Rennes est située juste où il faut pour être la capitale de notre pays ; c?est pourquoi elle l?a toujours été depuis que les Bretons ont une capitale, n?en déplaise aux Nantais au grand port duquel il manque encore un titre, paraît-il? Pour nous, nous nous contentons du nôtre ! La question de Rennes ou Nantes, capitale de la Bretagne, a d?ailleurs été tranchée par Marteville, le meilleur historien rennais. Tous les ducs de Bretagne ont été couronnés à Rennes et notre ville a été qualifiée par eux tous ?capitale de notre païs et duché?, même par François II qui fit construire le château de Nantes ! Une seule exception sous le règne d?Henri IV, souverain étranger, après les guerres de la Ligue? Alors, le parti ligueur, n?ayant pu se maintenir à Rennes, avait fait de Nantes son boulevard en Bretagne? Henri IV tenait à se concilier les Nantais qu?il venait de vaincre. On sait que ce roi venait du Midi et qu?il était prodigue de paroles flatteuses. C?est donc tout : un souvenir de guerre civile. À part cela, tous les souverains français reconnurent la prééminence de Rennes. D?ailleurs, à quoi bon discuter ? Le Parlement de Bretagne, gardien des franchises et coutumes du Duché, siégeait à Rennes, de même que la Commission Intermédiaire des États de Bretagne, véritable gouvernement breton. Cela suffit ! Concédons aux Nantais que leur ville fût la résidence des derniers ducs. Mais Versailles n?a jamais empêché Paris d?être la capitale de la France ! Et si, demain, le rêve de nos vieux rois se réalisait, si la Bretagne ? marchant vers le soleil ? s?annexait les départements voisins, qui se dépeuplent, et dont certains sont déjà mis en valeur par les Bretons, Rennes serait encore mieux placée, ? à mi-chemin qu?elle est des côtes de la Manche et des marais poitevins, des rives de la Sarthe et de la rade de Brest. Cela, personne ne peut le contester, ni les partisans du maintien de l?union avec la France, ni ceux ? dont nous sommes ? de la libération de la Bretagne et de son intégration directe dans l?Europe nouvelle. Nous croyons donc que la question de la capitale bretonne est fixée pour l?avenir, comme elle l?a été dans le passé, parce qu?elle est dessinée.
Seller Inventory # 2030
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