Published by Paris, NRF, 1920, 1920
First Edition Signed
In-4 de 1 f. bl., (19)ff., broché sous couvertures imprimées. Édition originale - sauf pour Aurore, mais même ce poème figure ici dans une version qui diffère de l'édition précédente (1917), comme de celles postérieures, par le nombre (10 au lieu de 9) et l'ordre de ses strophes. Tirage limité à 150 exemplaires sur papier Whatman. Un des 25 exemplaires du tirage de tête hors-commerce numéroté de I à XXV; celui-ci n°XX. Bois gravés de Paul Vera: 5figures et ornements in-texte, plus 3 autres, en couverture, au titre et à l'achevé d'imprimer. En juin 1920, le poète est seul à Paris, sa femme Jeannie étant partie en cure, via Montpellier où l'a accueillie Jules Valéry (voir l'envoi, ci-dessous) comme le raconte dans sa biographie Michel Jarrety, qui précise: "Dans les tout premiers jours du mois, il a été heureux de voir arriver rue de Villejust la magnifique plaquette de ses Odes, imprimée au format 35 x 26 et illustrée de gravures sur bois de Paul Vera. Vendue 120F., c'est sa première édition de luxe, et lui-même a veillé à sa fabrication et à son impression dans l'atelier d'un typographe d'origine hongroise, Lajos Káldor: il lui confiera d'autres livres et, plus tard, préfacera ses souvenirs?" Or on sait que la "première édition de luxe" (et non moins originale) de Paul Valéry ne sera assurément pas la dernière! Envoi autographe de Paul Valéry à son frère: à Jules, Paul. Le plus simple l'envoi, le plus affectueux: c'est ce que l'on serait tenté de dire lorsqu'on examine les façons à la vérité fort différentes dont le poète s'adresse, selon les cas, à son frère le professeur. Face à ce dernier, le futur académicien se sent une âme de rebelle - ce qui n'est d'ailleurs pas injustifié, puisqu'il mettra toujours un point d'honneur à penser par lui-même sans chercher la légitimation de quelque institution, parti, ou école de pensée. Qu'importe, comme ici, la tendresse fraternelle régulièrement reprend ses droits. Il faut dire que l'année 1920 les trouve très proches, pour le meilleur et pour le pire: Jules accueille l'épouse de Paul, fatiguée, à Montpellier, sa ville, où par ailleurs il a récemment, le premier, fait la connaissance de Catherine Pozzi qui va devenir un des grands amours du poète. Exemplaire à l'état de neuf. Karaïskakis et Chapon, Bibliographie des ?uvres de Paul Valéry, n°313A.
lettre autographe signée 1 p. In-4 «Mardi» [vers 1920] Sur papier bible. Papier jauni, une minime égratignure, sans manque de papier. Paul Valéry évoque la publication de son recueil,Odes, qui sera publié par la NRF en 1920,que Sert avait accepté d'illustrer. Ce travail sera finalement confié à Paul Vera (1882-1957) : «Je pense avoir enfin dans très peu de jours les épreuves des odes dont je vous ai parlé. Le format sera moindre que je ne le désirais, mais dans l'exécution tout est trompeur ! Bref la grandeur de la strophe, et par conséquent des espaces que je vous ai demandé de rendre illustrés, sera voisine de 10 à 11 cm. Mais je viendrai vous apporter une épreuve dès que j'aurai reçu l'envoi des imprimeurs. Vous avez si immédiatement, si simplement et si bonnement accueilli mon désir, que je ne vous ai pas sans doute remercié aussi abondamment que je l'eusse dû. Mais je ne considérerai ma véritable demande faite que lorsque vous aurez vu l'édifice lui-même qu'il s'agit de décorer, et jugé s'il vous convient. Je voudrais avant tout que la chose par elle-même vous attirât, et même vous excitât. En vérité, je considère qu'un artiste aussi puissant et raffiné que celui qui est en vous, doit, par une application naturelle de son pouvoir d'ensemble, concevoir l'ornementation d'un livre comme il fait celle d'une église; et quand j'ai eu l'idée de cet ornement de ma petite publication je n'ai pensé qu'à vous, sans remède, ni la moindre hésitation. J'ai revu instantanément vos belles études, avec leurs masses et leurs noirs. J'avoue que je serais très fier si je révélais un Sert sous cet aspect. Excusez-moi si cette ambition vous choque. J'ajoute, pour vous empoisonner tout à fait, que je serai obligé si vous acceptez définitivement ce calice, - de vous demander vos trois dessins assez vite - []». Ecrivain et poète, académicien (1925).