Au printemps 2002, le gouvernement israélien a ouvert, en Cisjordanie occupée, le chantier d'une barrière et d'un mur longs de plus de 650 kilomètres. Cet ouvrage gigantesque devrait être achevé en 2007. Pour l'État d'Israël, cette « barrière de sécurité » est destinée à empêcher l'entrée sur son territoire de terroristes palestiniens. Pour les Palestiniens, ce « mur de séparation », qui annexe de fait à Israël une partie substantielle de leur futur État, est une nouvelle frontière imposée par la force.
Le mur de Palestine est-il un moyen de lutte contre le terrorisme ou un barrage contre la paix ?
René Backmann, rédacteur en chef au Nouvel Observateur, est spécialiste du Proche-Orient. Il a obtenu, en 1991, le prix Mumm pour son enquête sur les financiers de l'islam intégriste. Il a coécrit, avec Rony Brauman, Les Médias et l'Humanitaire : Éthique de l'information ou charité spectacle (CFPJ, 1996). En 2006, il a publié Un mur en Palestine, chez Fayard.Photo : © MATSAS Philippe / Opale