Très long plaidoyer pro-domo du marin Daugier emprisonné au Fort-la-Loi à Brest suite aux accusations de trahison portées contre lui par le général Landais lors dune expédition à bord du vaisseau Le Terrible.Après une année dune détention cruelle, après avoir souffert pendant ce long période tous les genres de maux, quil est pénible davoir encore à réclamer justice et dêtre forcé de démontrer de nouveau son innocence. Cette tâche douloureuse pour un bon citoyen je vais la remplir ; mais je me bornerai à une simple analise, la vérité rejete tout ornement superflu. Le general Landais, à la rentrée de larmée remit au représentant du peuple, un long mémoire fruit de son imagination en délire dans lequel il me soupçonnait disoit-il davoir fait des signaux particuliers à linçu du général et même des officiers du Terrible. Sur ce simple soupçon, et sans information préalable sur ma conduite je fus mis en arrestation provisoire. Dès que le motif de cette arrestation inatendue fut à ma connoissance, je mempressoi de publier la vérité : je démontrai que des signaux faits en plein jour navoient pu être hissés à linçu du général et encore moins à linçu des officiers toujours en grande partie sur le pont ou dans les galeries de la poupe. Je démontrai que si des signaux inconnus eussent été faits toute larmée les auroit remarqués et eut annoncé quelle ne les comprenoit pas par le pavillon affecté à cet usage. Est-il un seul vaisseau qui lest hissé ; Landais lui-meme a-t-il fait mettre à bord de celui quil montoit ? mais quel moment cet homme défiant et irréfléchi atil choisi pour baser sa dénonciation, quel moment me fait-il prendre pour baser ces signaux particuliers et inconnus (.). Je vais examiner quels sont ces signaux si calomnieusement désignés par Landais comme inconnus à toute larmée et que lui seul a feint de reconnoitre. Ce sont 1° des pavillons qui ont une désignation affectée dans les tableaux de la tactique, 2° des signaux de reconnaissance faits avec la côte lorsque larmée sen approchoit, 3° deux flames rouges signal dappel du sloup de communication la paix depuis cinq mois attache au service de larmée, 4° enfin une flame rouge destinée de tout tems à annoncer le vaisseau qui a de la viande fraiche pour les malades.Chargeant Landais, il cite lextrait dun rapport sur le général .« on ne sauroit sans imprudence confier le commandement de nos forces navales à un homme dont la tete est déjà affaiblie, (.) défiant et soupçonneux à lexcès il na pas su se consilier lattachement meme des officiers dont le patriotisme est le plus reconnu ni celui des équipages. ». Daugier se justifie ensuite sur les signaux envoyés depuis le vaisseau le Terrible, puis .Lorsque larmée sapprochoit de Brest, plusieurs petits batiments qui avoient eu ordre de la joindre vinrent à sa rencontre il fut donné à chacun suivant lusage un signal dappel. Le 26 septembre le lougre le houk la rallia auprès de la chaussée des saints le general lui donna pour signal ou N° dappel la flame rouge hissée à lun des mats cette flame ainsi que lannonce Landais fut en effet hissée à bord du terrible le 28 septembre sur les 8 heures du matin ; mais loin dêtre un signal suspect comme le pretent insidieusement cet homme mechament irrefléchi elle signala lordre au lougre Le Houk dapprocher du vaisseau amiral pour y attendre les ordres du citoyen Trehouart representant du peuple la piece suivante demontrera la verite de ce que javance et la calomnie de Landais. Cest le citoyen Pitot le même qui a mérité les applaudissements de la representation nationale qui la donne il sexprime ainsi : Liberté. Egalité. Fraternité. Il termine sa défense en citant les éloges délivrés par dautres officiers à son encontre.