Published by Hacquart, 1817
Seller: Librairie Diona, Lattes, France
First Edition
Couverture souple. Condition: Bon. Edition originale. In-8° broché, 26 pages.
Published by Hacquart, 1818
Seller: Librairie Diona, Lattes, France
First Edition
Couverture souple. Condition: Bon. Edition originale. In-8° broché, 19 pages.
TRÈS BEAU TEXTE RELATANT UN COMBAT NAVAL HALETANT LIVRÉ PAR LA FLOTTE DE DAUGIER QUI COMMANDAIT LE BATAVE CONTRE UN BÂTIMENT ALGÉRIEN :.Au jour jai aperçu sur lavant un brick qui ma paru ne point faire partie de larmée, ni de celle dEspagne. Le jugeant ennemi jai forcé de voiles pour latteindre, en lannonçant suspect à lAmiral. Jai en même temps signalé à lEole de Le Chasser. Aussi bientôt ce batiment qui forçoit de voiles pour séloigner a mis un pavillon et une flamme dont la couleur ma persuadé quil étoit anglois. Jai fais hisser les marques distinctives de cette nation et continuer la chasse. La batiment chassé a continué sa route, mais lui voyant faire quelques mouvements irréguliers, je nai plus douté quil ne fut ennemi. Dans cette persuasion et craignant que lEole placé par mon travers ne se pressa trop de faire feu. Je lui ai fait signal de ne pas le commencer et dimiter ma manuvre. Il étoit sept heures trois quart. Cest ainsi que débute la relation de ce combat naval. Daugier poursuit : .Cependant nous avancions toujours sur le Batiment et deux vaisseaux venus à contre bord, lui coupoient la route. Il a alors cargué ses basses voiles et facilite ainsi notre approche. Mappercevant dans ce moment que lEole diminuoit de voiles, je lui ai fait signal den forcer et de commencer le feu dèz quil seroit à portée Bientôt après, à 8 heures et quelques minutes, jugeant que les canons du Batave pouroient atteindre lennemi jai fait tirer sur les deux coups en chasse. Les boulets sont tombés à peu de distance. LEole placé par le travers des vaisseaux a aussi fait feu de sa baterie à ces deux coups de canon. Jen ai fait succéder deux autres et jai vu alors ce batiment mettre un canot à la mer, et ce canot se diriger vers le Batave.Cet acte devant me faire croire la redition du batiment jai ordonné de cesser le feu sans cependant ralentir mon approche. (Javois arboré les couleurs nationales au second coup de canon). Bientôt le canot a été près du Vaisseau et le costume des hommes qui le montoient ma convaincu que les conjectures que je commençois à former sur le pavillon étoient vraies : ce pavillon ma paroissoit et étoit en effet entièrement rouge.Le canot parvenu sous la poupe, jai demandé aux turcs qui le conduisoit, qui ils étoient, doù ils venoient et ou ils avoient dessein de se rendre. Ils ont répondu sans hésiter quils étoient Algériens, et que partis de leur port depuis 21 jours, ils alloient croiser dans lOcéan. Ils ont ajouté que leur batiment portoit 22 canons (.). Ses boulets ont sifflés dans nos mats, il a également fait feu de sa Baterie sur lEole. Jai alors donné lordre de commencer le combat et faisant arriver je lui ai envoyé une partie de la bordée et cherché à gagner son travers. Jétais loin de croire alors que ce batiment eut lintention de résister ; et je me suis borné dabord à lui faire envoyer quelques boulets. Mais le feu soutenu quil a dirigé sur le Batave et sur lEole, ma engagé a lui envoyer une bordée entière. Dans ce moment lIndomptable et le Tiramicide sapprochaient, bientôt ils lont couvert et leur feu a la vivacité duquel ajoutoit encore celui du Batave, de lEole et des deux petites corvettes. Etonné dune telle résistance, Daugier a déclaré que les prisonniers navaient rien à craindre, que la France les traitait correctement, ce à quoi ils ont répondu que .leurs compatriotes se feroient couler et ne se rendroient point (.). Ayant ainsi usé auprès de ces forcenés de tous les avertissements que lhumanité sembloit réclamer, jai ordonné de faire feu pour les réduire (.). Pendant toute la durée de laction le vent très faible et souvent presque calme, ce qui a sans doute été cause que la mature du bâtiment ennemi, sest soutenue quoique criblée de boulets. Le grand mat est tombé après que le bâtiment a été amariné. Sa vergue de mizaine étoit cassée, tout son grément et toutes ses voiles hachées.Daprès le nombre de coups tirés par le Batave, qui sélève à deux-cent-dix-sept, je pense que le bâtiment algérien a essuyé au moins douze-cent coups de canon, et il y a lieu detre étonné quil nait pas été submergé par une attaque aussi formidable.
Très long plaidoyer pro-domo du marin Daugier emprisonné au Fort-la-Loi à Brest suite aux accusations de trahison portées contre lui par le général Landais lors dune expédition à bord du vaisseau Le Terrible.Après une année dune détention cruelle, après avoir souffert pendant ce long période tous les genres de maux, quil est pénible davoir encore à réclamer justice et dêtre forcé de démontrer de nouveau son innocence. Cette tâche douloureuse pour un bon citoyen je vais la remplir ; mais je me bornerai à une simple analise, la vérité rejete tout ornement superflu. Le general Landais, à la rentrée de larmée remit au représentant du peuple, un long mémoire fruit de son imagination en délire dans lequel il me soupçonnait disoit-il davoir fait des signaux particuliers à linçu du général et même des officiers du Terrible. Sur ce simple soupçon, et sans information préalable sur ma conduite je fus mis en arrestation provisoire. Dès que le motif de cette arrestation inatendue fut à ma connoissance, je mempressoi de publier la vérité : je démontrai que des signaux faits en plein jour navoient pu être hissés à linçu du général et encore moins à linçu des officiers toujours en grande partie sur le pont ou dans les galeries de la poupe. Je démontrai que si des signaux inconnus eussent été faits toute larmée les auroit remarqués et eut annoncé quelle ne les comprenoit pas par le pavillon affecté à cet usage. Est-il un seul vaisseau qui lest hissé ; Landais lui-meme a-t-il fait mettre à bord de celui quil montoit ? mais quel moment cet homme défiant et irréfléchi atil choisi pour baser sa dénonciation, quel moment me fait-il prendre pour baser ces signaux particuliers et inconnus (.). Je vais examiner quels sont ces signaux si calomnieusement désignés par Landais comme inconnus à toute larmée et que lui seul a feint de reconnoitre. Ce sont 1° des pavillons qui ont une désignation affectée dans les tableaux de la tactique, 2° des signaux de reconnaissance faits avec la côte lorsque larmée sen approchoit, 3° deux flames rouges signal dappel du sloup de communication la paix depuis cinq mois attache au service de larmée, 4° enfin une flame rouge destinée de tout tems à annoncer le vaisseau qui a de la viande fraiche pour les malades.Chargeant Landais, il cite lextrait dun rapport sur le général .« on ne sauroit sans imprudence confier le commandement de nos forces navales à un homme dont la tete est déjà affaiblie, (.) défiant et soupçonneux à lexcès il na pas su se consilier lattachement meme des officiers dont le patriotisme est le plus reconnu ni celui des équipages. ». Daugier se justifie ensuite sur les signaux envoyés depuis le vaisseau le Terrible, puis .Lorsque larmée sapprochoit de Brest, plusieurs petits batiments qui avoient eu ordre de la joindre vinrent à sa rencontre il fut donné à chacun suivant lusage un signal dappel. Le 26 septembre le lougre le houk la rallia auprès de la chaussée des saints le general lui donna pour signal ou N° dappel la flame rouge hissée à lun des mats cette flame ainsi que lannonce Landais fut en effet hissée à bord du terrible le 28 septembre sur les 8 heures du matin ; mais loin dêtre un signal suspect comme le pretent insidieusement cet homme mechament irrefléchi elle signala lordre au lougre Le Houk dapprocher du vaisseau amiral pour y attendre les ordres du citoyen Trehouart representant du peuple la piece suivante demontrera la verite de ce que javance et la calomnie de Landais. Cest le citoyen Pitot le même qui a mérité les applaudissements de la representation nationale qui la donne il sexprime ainsi : Liberté. Egalité. Fraternité. Il termine sa défense en citant les éloges délivrés par dautres officiers à son encontre.